IPNB demandent l’arrêt immédiat du redéploiement involontaire des IP des soins primaires vers des postes d’II aux services d’urgencea.
Jessica Selvaratnam
Les infirmières praticiennes du Nouveau-Brunswick (IPNB) demandent l’arrêt immédiat du redéploiement involontaire des infirmières et infirmiers praticiens (IP) de leurs pratiques de soins de santé primaires afin de pourvoir des postes vacants d’infirmières et infirmiers immatriculés (II) dans les services d’urgence.
L’IPNB est profondément préoccupée par les informations selon lesquelles des IP dans la région du Restigouche (Zone 5) seraient tenues de quitter leurs pratiques établies de soins de santé primaires pour travailler comme II au service d’urgence de l’Hôpital Régional de Campbellton. Le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick (SIINB) a soulevé des préoccupations similaires dans sa déclaration du 16 octobre, notamment quant aux risques potentiels pour les patients et à la nécessité d’adopter des approches volontaires et fondées sur la collaboration en matière de redéploiement.
« Nous ne pouvons pas résoudre une pénurie de personnel dans un secteur de notre système de santé en créant une autre pénurie dans les soins de santé primaires. Cette approche n’est ni acceptable ni viable en matière de planification des effectifs », affirme Sharon Hamilton, présidente de l’IPNB.
L’IPNB reconnaît les pressions considérables auxquelles font face les services d’urgence ainsi que l’importance de maintenir des services sécuritaires pour les patients. Les IP peuvent apporter une expertise précieuse aux soins d’urgence lorsqu’elles sont affectées à des fonctions correspondant à leurs compétences. Toutefois, obliger les IP à abandonner leurs pratiques de soins de santé primaires pour pourvoir des postes vacants d’II soulève de sérieuses préoccupations concernant la sécurité des patients, la continuité des soins et l’utilisation appropriée des professionnels de la santé.
La planification des effectifs ne doit pas se faire au détriment des patients
Les IP offrent des services essentiels de soins de santé primaires, notamment l’évaluation, le diagnostic, le traitement, la prise en charge des maladies chroniques, la prévention ainsi qu’un accompagnement continu des patients ayant des besoins de santé complexes.
Lorsqu’un IP est retiré de sa pratique établie, les patients risquent de perdre un accès rapide à un professionnel qui connaît leurs antécédents médicaux, assure la prise en charge de leurs problèmes de santé et coordonne leurs soins. La perturbation soudaine de ces relations, sans planification adéquate pour assurer la continuité des soins, pourrait laisser les patients avec peu d’autres options que de se tourner vers des services d’urgence déjà surchargés.
« Les soins de santé primaires ne sont pas un service facultatif que l’on peut mettre de côté chaque fois qu’un autre secteur connaît une pénurie de personnel. Les patients comptent sur leurs IP. Toute décision qui perturbe ces relations doit tenir compte des conséquences pour les patients et garantir que des solutions de rechange sécuritaires et appropriées sont en place », affirme Sharon Hamilton.
Le redéploiement doit être fondé sur la collaboration et se faire sur une base volontaire
L’IPNB appuie les solutions en matière de gestion des effectifs élaborées en collaboration, qui permettent aux professionnels de la santé de contribuer là où les besoins sont les plus importants, tout en protégeant la sécurité des patients et la continuité des soins.
Les préoccupations soulevées par le SIINB concernant le caractère volontaire de son initiative de redéploiement renforcent l’importance de privilégier la collaboration plutôt que des décisions de dernière minute qui imposent une pression supplémentaire aux professionnels de la santé et aux patients qu’ils servent.
L’IPNB considère que des solutions durables nécessitent une véritable collaboration avec les IP et leurs représentants professionnels, une prise en compte appropriée des patientèles déjà suivies, un préavis suffisant ainsi qu’un plan clair pour maintenir l’accès aux soins de santé primaires.
Il faut également reconnaître que les pressions liées au manque de personnel sont présentes depuis longtemps. Lorsque les pénuries sont prévisibles, la planification des effectifs doit permettre de les anticiper plutôt que de recourir à des mesures qui risquent de déstabiliser d’autres services essentiels.
L’IPNB demande des mesures immédiates
L’IPNB demande au Réseau de santé Vitalité et au ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick de prendre les mesures suivantes :
Mettre immédiatement fin au redéploiement forcé ou involontaire des IP de leurs pratiques établies de soins de santé primaires afin de pourvoir des postes vacants d’II dans les services d’urgence.
Protéger la continuité des soins pour les patients touchés par ces décisions en prévoyant des modalités appropriées leur permettant d’accéder rapidement à une autre professionnelle qualifiée avant toute perturbation de leur pratique habituelle.
Consulter directement les IP et leurs représentants professionnels afin d’élaborer, en collaboration avec les personnes concernées, des solutions durables aux problèmes liés au manque de personnel.
Faire preuve de transparence et de responsabilisation quant aux motifs de ces décisions, à leurs répercussions prévues sur l’accès aux soins de santé primaires et aux autres solutions envisagées.
Élaborer des plans de main-d’œuvre à long terme qui répondent aux pénuries de personnel dans les services d’urgence sans compromettre les services de soins primaires.
« Les IP sont essentiels pour relever les défis du système de santé du Nouveau-Brunswick. Ils ne sont pas une ressource que l’on peut déplacer sans tenir compte des conséquences. L’IPNB demande à Vitalité et au gouvernement de collaborer avec les professionnels qui dispensent les soins, de protéger les patients qui dépendent des soins de santé primaires et de trouver des solutions qui répondent aux pressions liées au manque de personnel sans transférer les risques à un autre groupe de patients », affirme Sharon Hamilton.
L’IPNB est prête à collaborer avec le gouvernement, les réseaux de santé régionaux, le SIINB et les autres partenaires du secteur de la santé afin d’élaborer des solutions qui soutiennent à la fois les services d’urgence et l’accès à des soins de santé primaires continus.
Les patients ne devraient pas perdre l’accès à leur professionnelle de soins primaires parce que le système de santé n’a pas su planifier adéquatement des besoins en personnel prévisibles.
Contact:
Sharon Hamilton, Présidente, Infirmières praticiennes du N.-B., npnbexecutiveoffice@gmail.com
À propos des Infirmières praticiennes du Nouveau-Brunswick
Les Infirmières praticiennes du Nouveau-Brunswick sont engagées à promouvoir le rôle des infirmières praticiennes dans le système de la santé, en veillant à ce que tous les résidents aient accès à des soins primaires complets et de haute qualité.